22 avril 2007 / 111

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Echoes of France

Et ben voilà, nous y sommes. Je me suis levé à 10 heures. J’ai fait mon jogging comme (presque) tous les jours : il m’a fallu faire trois fois le tour du quartier pour tenir trois quarts d’heure, c’est dire à quel point j’étais nerveux. J’ai trainé sous la douche. J’ai pris mon petit déj’ [...]

A voté !

Et ben voilà, nous y sommes. Je me suis levé à 10 heures. J’ai fait mon jogging comme (presque) tous les jours : il m’a fallu faire trois fois le tour du quartier pour tenir trois quarts d’heure, c’est dire à quel point j’étais nerveux. J’ai trainé sous la douche. J’ai pris mon petit déj’ en boxer, les cheveux mouillés, en écoutant les Rolling Stones. Je me suis habillé : t-shirt orange, jeans de pétasse qui moule bien, baskets neuves de la morkitu beige et orange achetées sur un marché vendredi dernier entre deux tracts. Je me suis étalé de la crème hydratante pour bébés sur le visage. J’ai regardé deux ou trois conneries à la télé. J’ai lu deux bouquins de science politique en même temps (ça, c’est pour être efficace). Et à 13h44, je suis parti voter.

Préférant associer une démarche Agenda 21 à mon suffrage, je suis allé au bureau de vote à pieds. En entrant dans la cour, je me dis qu’il se passe là quelque chose de spécial. Il y a une queue énorme. Une demi-heure d’attente, de quoi trouver le temps de faire connaissance avec ses voisins d’isoloir. Derrière moi, on vient voter en famille : papa, maman, et les deux filles. Devant moi, l’homme du jour : habillé en plus pétasse que moi, il porte des lunettes de soleil (inutile, on est sous un préau) et un polo rayé rose et mauve (BlueCosmic dirait que c’est très cheap… et en effet, c’était à la mode l’année dernière). Il est venu avec sa maman. C’est que ça fait peur, d’être primo-votant ! Tu verras, bogosse, c’est comme le sexe et le permis de conduire : c’est meilleur la deuxième fois.

En entrant dans le bureau de vote, une charmante hôtesse (de l’agence Birdies ?) me donne une enveloppe. Puis c’est la tournée des candidats : un bulletin chacun, sauf pour Jean-Marie et Nicolas (là encore, c’est une démarche Agenda 21 : inutile de gaspiller du papier, ça pourra servir à quelqu’un d’autre que moi). J’attends un peu pour rentrer dans l’isoloir. Sur un tableau noir, les noms des douze candidats sont écrits à la craie. Il y a une faute à Marie-George Buffet : on ne met pas de “s” à Marie-George…

Je soulève le rideau, me voilà dans la cabine d’essayage dans l’isoloir. Je cherche le bulletin de Ségolène Royal parmi ceux que j’ai attrapés. Je l’embrasse, le plie en deux, et le glisse dans l’enveloppe. Comme à chaque fois, mes mains tremblent. Je vérifie deux fois que c’est bien ma candidate que j’ai choisie. Limite comme si j’avais un TOC. Tout va bien, je peux sortir.

Et là, c’est le drame : j’avais oublié qu’on donnait pour chaque électeur à la fois son nom, mais aussi sa date de naissance. Et ça, tout fort dans le bureau. C’est comme ça que j’ai appris que l’homme du jour était né en 1986, et qu’il s’appelait Karim. Ca, dites-vous bien que je m’en suis souvenu : pour la calculette de l’amour, et pour faire une synastrie.

Numéro 1227. Bergkvist, Aleksander, né le 31 août 1978. A voté !

Une signature, et c’est déjà fini. Ce soir, je serai en compagnie de Julie. Nous jouerons au présentateur et à la présentatrice, dans un studio de radio.

A suivre…